Etude sur les visiteurs des sites de tourisme de mémoire de la Grande Guerre dans le Nord de la France et dans le Westhoek (Flandre Belge)

Dans le cadre du Programme Interreg IVA des 2 Mers, par le biais du projet 'Great War : Between the Lines’, Westtoer (agence touristique provinciale) en collaboration avec les 3 ADRT  des  départements concernés par le projet a réalisé une étude complète sur le tourisme de mémoire en Flandre Belge dans la région du Westhoek et en France dans les départements du Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme.

Réalisée sur la période du 1er juillet 2013 au 30 juin 2014, sur les 27 principaux sites de mémoire de la Grande Guerre, cette étude a permis de calculer le poids économique de cette filière ( 110 millions d’euros  de dépenses de la part des touristes : 53 millions d’euros dans le Westhoek et 57 dans le Nord de la France).
L’intérêt de cette étude  transfrontalière commune sur  cette filière a permis de montrer les similarités entre les 2 territoires (période de fréquentation , nombre de visiteurs britanniques, satisfaction sur le respect porté au patrimoine, territoire identique,…) mais aussi  les différences (intérêt des populations locales pour le tourisme de mémoire, répartition des clientèle…).


Parmi les résultats, on constate que le Westhoek, qui est une région beaucoup plus petite que les trois départements Français adjacents, a reçu  plus de visiteurs de mémoire (551 000) que les trois départements réunis (351 000). Le Westhoek, plus encore que les trois départements français, parvient à intéresser les habitants belges (presque tous flamands) qui viennent en grand nombre visiter les sites de mémoire, individuellement et en excursion à partir de leur domicile. Le Nord de la France attire pourtant un nombre équivalent de visiteurs internationaux (280 460 contre 307 450 dans le Westhoek).


Les britanniques représente la part de visiteurs la plus  importante dans les deux territoires. Le Nord de la France reçoit un peu plus de visiteurs des pays du Commonwealth, en raison de la présence de grands sites Canadiens et Australiens sur leurs territoires.
Les visiteurs belges et français restent plus sur leur territoire national et ne visitent que peu les sites situés de l’autre côté de la frontière. Les britanniques et les habitants des pays du Commonwealth perçoivent la région transfrontalière plutôt comme un tout, une zone géographique unique à visiter et se déplacent généralement sur plusieurs sites des deux côtés de la frontière.
Les visiteurs individuels et groupes britanniques sont très motivés par le patrimoine de mémoire de la Grande Guerre dans leur choix de visiter les territoires concernés. Les individuels nationaux viennent plus pour d’autres motifs comme le paysage, faire du vélo, d’autres curiosités ou villes à visiter et ils se déplacent davantage sur les sites de mémoire dans un contexte de découverte de la région.
Les groupes scolaires britanniques choisissent le Westhoek presqu’uniquement pour le patrimoine de mémoire de la Grande Guerre  mais viennent en revanche plus dans le Nord de la France guidés par d’autres motifs  : autres curiosités ou villes à visiter.
Les individuels britanniques viennent un peu plus dans le Westhoek en raison d’un lien familial et plus dans le Nord de la France pour assister à des cérémonies de commémoration. Les individuels belges sont nettement plus motivés par l’intérêt qu’ils portent à l’histoire de la Grande Guerre et moins par rapport à un lien familial. Les individuels français sont moins intéressés par l’histoire mais viennent plus en raison d’un lien familial.


Le nombre moyen de sites visités par visiteur est plus élevé dans le Westhoek avec 6 sites de mémoire, pour 5,3 sites dans le Nord de la France. Cela s’explique par le fait que les sites de mémoire sont plus concentrés dans le Westhoek alors qu’ils sont plus dispersés et plus éloignés les uns des autres dans le Nord de la France.


Pour les deux territoires on peut constater que le tourisme de mémoire est bien réparti sur l’année avec seulement trois mois calmes en hiver : la répartition est presque identique.


En termes de satisfaction, les visiteurs sont extrêmement satisfaits de leur(s) visite(s) sur les sites de mémoire dans les deux territoires. Ils apprécient beaucoup le respect porté envers le patrimoine de mémoire mais ils ressentent moins l’intégration des sites individuels dans un réseau plus vaste de sites de mémoire. Le message de paix (‘no more war’) est plus ressenti par les visiteurs dans le Westhoek que ceux dans le Nord de la France. Dans les deux territoires, il reste encore donc un travail à effectuer pour améliorer la signalisation vers les sites.


Le projet a également permis d’investir dans des compteurs qui permettront d’assurer une analyse continue du nombre de visiteurs sur les sites de la région transfrontalière au cours des  5 années à venir.


Les résultats  permettent aussi aux acteurs d’engager une réflexion sur les instruments appropriés pour mieux gérer les sites de mémoire et adapter la stratégie de communication dans les territoires concernés.
 
Contacts :
Olivier Delory - Nord Tourisme - 03 20 57 54 75 - odelory@cdt-nord.fr
Elisabeth Retaux - Pas-de-Calais Tourisme - 03.21.10.34.65 - developpement@pas-de-calais.com
Edouard Roose - C.R.T. Nord-Pas de Calais - 03 20 14 57 83 - e.roose@crt-nordpasdecalais.fr

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