Le Pro du mois

François GOUDEAU - Directeur de l’Office de Tourisme de Berck-sur-Mer

Nord Tourisme : François Goudeau, pouvez-vous, en quelques lignes, dresser votre portrait, vos responsabilités actuelles et nous faire part de votre parcours ?
L’Office de Tourisme de Berck-sur-Mer est pour moi un retour aux sources…J’ai débuté en assurant la promotion de l’AGORA à Berck-sur-Mer - 5ème équipement de loisir régional en termes de fréquentation avec plus de 250 000 clients par an -  il y a près de 20 ans. Premiers  salons du tourisme, trophée Diamaillon, collaboration avec l’Office de Tourisme… J’étais alors en formation en alternance en école de commerce mais déjà ce secteur d’activité me séduit, résolument. S’en est suivi un parcours très formateur auprès de la grande distribution chez Candia qui m’a amené en Picardie puis en région lyonnaise. Mon attachement à la région m’a fait saisir une opportunité et j’ai dirigé durant quatre années une agence de communication sur Amiens. J’ai alors réalisé une exposition évènementielle pour l’Office de Tourisme de Berck-sur-Mer avant d’y être nommé, il y a 4 ans. J’ai aujourd’hui 40 ans.
L’Office de Tourisme de Berck-sur-Mer est organisé en EPIC (9,5 ETP – 1 200k€ de budget) et porte l’organisation des Rencontres Internationales de Cerfs-Volants qui impliquent l’ensemble des services de ville.
 
 
NT : 2015 marquera certainement des étapes importantes pour votre station. Pouvez-vous nous en dire plus sur vos projets et réalisations en cours ?
Notre station est actuellement à un nouveau stade charnière de son développement. D’une part par la modification des habitudes et attentes des clientèles, et d’autre part par les évolutions engendrées par la loi NOTRe.
En quelques années seulement, nous sommes passés d’une clientèle majoritairement régionale, fidèle, sédentaire qui venait passer plusieurs semaines de vacances l’été, principalement en mobil-homes, à une clientèle de courts-séjours, tout au long de l’année, en provenance du Bénélux, d’Angleterre, Champagne-Ardennes, Lorraine, Picardie et Île-de-France, en recherche d’activités et mobile. Nous avons développé notre promotion et nos animations pour séduire et fidéliser tout au long de l’année. Les Rencontres Internationales de Cerfs-Volants ouvrent la saison dès avril et nous la poursuivons jusqu’au 6 heures de Berck de char à voile à la Toussaint.
Les transferts de compétences nous amènent également à modifier notre façon de travailler. Ainsi nous préparons l’évolution de notre Office de Tourisme au plan intercommunal pour le début d’année prochaine avec l’intégration de l’Office de Tourisme de Rang-du-Fliers. La signature cette année de notre Contrat de Rayonnement Touristique au niveau du « Montreuillois » (Berck sur Mer – Montreuil – Etaples – Le Touquet…) nous apporte également de nouvelles perspectives. Au-delà des modifications administratives, ce sont de nouvelles synergies qui se mettent en place, avec la mutualisation de moyens au service d’une même destination touristique alors qu’il y a peu de temps encore ces stations s’observaient souvent en concurrents.
 
NT : Qu’attendez-vous en termes d’accompagnement et d’initiatives partenariales de la part des institutionnels du tourisme comme les ADRT, le CRT, les Offices du Tourismes, … ?
Nous ne savons toujours pas quelles seront exactement les compétences portées par les institutionnels demain… Leurs rôles sont pourtant très importants. Au-delà de la convergence des différents schémas de développement touristique, ce que j’attends principalement de leur part, c’est :
de l’animation de réseau, avec des apports qui contribuent à l’innovation et au développement,
de la promotion pour notre région et de l’accompagnement pour notre communication autour de thématiques communes,
de porter ou nous accompagner sur des projets Européens qui seront structurants pour notre territoire,
de développer de nouveaux marchés,
de la formation, pour laquelle nous avons en grande partie les mêmes besoins ;
et bien évidemment de collaborer tous ensemble sur le désormais stratégique Open-Data.

NT : Quelle est votre impression, votre réflexion sur le développement touristique à venir globalement, et plus particulièrement pour la destination Nord-Pas de Calais, voire même demain la future grande région, Berck étant aux portes de la Picardie ?
La future grande région apparaît comme une opportunité pour nous. Si nous sommes bien attachés à la région Nord-Pas de Calais, notre patois est picard. Quelques brasses lors d’une baignade et nous nous retrouvons à nager dans les eaux de la Côte Picarde qui finalement ne s’avère ni plus chaude, ni plus froide…
Nous passerons de l’extrémité d’une région au cœur d’une nouvelle, plus grande. Nous parlions tout à l’heure du touriste qui est mobile. Le sud de la Côte d’Opale et la baie de Somme représentent une même destination avec des atouts incontestables de chaque côté de la baie d’Authie. Le touriste ne se préoccupe pas de la frontière administrative pour aller de nos hôtels au parc du Marquenterre, du village Pierre et Vacances de Fort-Mahon au parc de Bagatelle ou dans nos commerces…
Depuis quelques temps seulement, nous avons développé de nouvelles collaborations avec des acteurs du tourisme picards, timidement. Appartenir à la même région permettra, j’en sûr, de mettre en place de nouvelles synergies permettant chacun de développer nos marchés. Nous avons chacun à apprendre de l’autre.
 
NT : Avez-vous une anecdote récente pour clore cet entretien ?
7 ans après le film de Dany Boon nous continuons d’accueillir très régulièrement des clients à la recherche de notre beffroi… Bergues et Berck sont pourtant distants de près de 130 kms et n’ont pas grand-chose en commun…
Mais c’est plus gênant lorsque l’on nous demande, comme il y a peu de temps encore, où se trouve l’église Saint-Martin. C’est sûr qu’avec une heure et demie de route, la messe de mariage sera terminée en arrivant…

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