Le Pro du mois

Jean-François LOOTS, Directeur des parcs et jardins de la ville de Gravelines, ville 4 fleurs depuis 2013 et Fleur d’or en 2016.


- Nord Tourisme (NT) : Jean-François LOOTS, que représente le label des villes et villages fleuris pour vous et l’obtention l’année dernière de la plus haute distinction du label, la fleur d’or ?
Jean-François LOOTS (JFL) : Le label c’est plusieurs choses, d’abord c’est la reconnaissance des actions engagées depuis de nombreuses années et aujourd’hui la reconnaissance de la pérennisation de celles-ci. C’est une preuve que nous sommes dans la bonne voie et au-delà de la reconnaissance du savoir-faire des équipes  des Parcs et Jardins, des entreprises qui œuvrent avec nous. Le label c’est une image de la ville et toute la reconnaissance que peut en retirer celle-ci. Une image de ville nature, agréable avec un environnement respectueux de la biodiversité. La fleur d’Or c’est un plus qui entérine le fait que nous ayons bien traité les critères d’évaluation nationale et qui couronne aussi le travail d’équipe des services de la municipalité et les élus, nous, je dis « Nous », avec un grand « N », avons monté notre dossier en équipe, travaillé en équipe sur le parcours, son déroulement comme sa présentation, ces points venaient en plus de tout ce qui fut fait par les Parcs et Jardins en trois ans pour conserver la quatrième fleur.
 
- NT : Quand la ville de Gravelines est entrée dans la démarche de labellisation pour la première fois, quelles ont été les premières actions mises en place en matière d’amélioration du cadre de vie ?
JFL : Gravelines, c’est une ville d’histoire devenue industrielle, ses quartiers se sont construits les uns après les autres. Lorsque nous avons commencé à œuvrer dans la démarche, nous avons commencé par la rendre accessible par d’autres voies que la route et ses trottoirs, nous avons maillé les quartiers entre eux par de nombreux chemins de promenade et de randonnées et à partir de ce maillage appliqué une gestion plus écologique de nos espaces verts. Les massifs d’arbres ou d’arbustes ont été remaniés, les massifs d’annuelles ont évolué, les vivaces sont apparues, les techniques alternatives de gestion des sols appliquées ; couvre-sol, paillage etc.
C’est d’abord le fait de pouvoir découvrir la ville dans tous ses angles qui nous a facilité la perception des modifications de la gestion des espaces verts par la population par la suite.


- NT : Vous êtes membre du jury du Nord et Pas-de-Calais coordonné par Nord-Pas de Calais Tourisme (CRT), quel est votre rôle ?
JFL : Jury, au CRT c’est pour moi plus une fonction à un temps « t », le jury est souvent composé de personnes aux sensibilités différentes et pendant les visites je suis peut-être plus attentif aux gestions des milieux urbain et périurbain, à la cohérence des actions selon leurs milieux.
Et aussi aux gestes des jardiniers, même si le jury passe en été, les tailles d’arbres ou d’arbustes réalisées en hiver se voient ; les bons gestes … comme les mauvais.

- NT : Vous êtes également représentant régional d’Hortis, pouvez-vous nous en dire plus sur cette association ?
JFL : Hortis, « les responsables d’espaces nature en ville », c’est une association qui regroupe des responsables de la gestion d’espaces verts dans les collectivités tout grade confondu mais aussi des personnels ayant une fonction et les connaissances dans l’intérêt général de la profession et de sa mission.
Divisés en région, les délégués régionaux dont je fais partie pour les Hauts de France assurent la liaison avec le bureau, c’est d’abord une rencontre qui se construit sur l’amitié, les échanges y sont nombreux et constructifs.
 
- NT : Quels conseils donneriez-vous à une commune qui souhaite s’engager dans la démarche de labellisation ?
JFL : Si une commune se lance dans cette aventure, il faut qu’elle sache ce qu’elle attend de ce label. L’étape suivante sera de prendre connaissance de la grille d’évaluation et de s’en faire une lecture attentive pour se positionner, conforter ce qui marche et combler les vides.
Ensuite, il ne faut pas hésiter à demander conseil auprès des communes ayant déjà entamé cette démarche pour « gagner du temps », à Gravelines, il nous a fallu onze ans entre notre première participation et la première fleur, treize entre la première et la quatrième. Le jury passait tous les ans à cette époque…

- NT : En 2017, la cotisation au Conseil National des Villes et Villages Fleuris (CNVVF) devient obligatoire pour les communes labellisées, qu’en pensez-vous ?
JFL : Rien n’est gratuit, la reconnaissance que peut tirer une commune de la labellisation est importante quelle que soit sa taille. Certes, ce n’est certainement pas facile pour les petites communes ni pour les plus grandes. Cette gratuité n’était, à mon avis, pas normale, pour garder son autonomie il fallait que le CNVVF passe par cette proposition. Peut-être fallait-il l’instaurer plus tôt ?

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