Le Pro du mois

Valérie GRIMBERT, directrice de Lys sans Frontières

Nord Tourisme (NT) : Pouvez-vous en quelques lignes dresser votre portrait et votre parcours ?
Valérie GRIMBERT (VG) : Je suis avant tout une technicienne, passionnée par l’aménagement du territoire et les problématiques de développement durable. Ma motivation première est de contribuer à embellir ma région, en redonnant vie à des sites ou des ouvrages d’arts qui constituent notre patrimoine identitaire.
En collaboration avec les acteurs publics et privés, je construis une offre de produits touristiques qui contribue à l’attractivité du territoire. Depuis vingt-six ans déjà, je suis investie dans le développement du tourisme régional et euro-régional, en coordonnant des projets ambitieux et passionnants permettant d’améliorer le cadre de vie des habitants. L’eau est le fil conducteur de mon parcours professionnel. Et comme l’eau n’a pas de frontières, la coopération transfrontalière m’a permis durant toutes ces années de dépasser les limites administratives des territoires et de m’imprégner de ce qui se fait et de ce qui marche chez nos voisins.
Chargée de la filière Tourisme fluvial dans un organisme associé du Conseil régional en 1992, j’ai été détachée à la Direction des Transports du Conseil régional Nord-Pas de Calais durant deux ans et demi, avant de rejoindre en 1996 le Comité régional de Tourisme. En 2002, je me suis engagée dans le développement, la promotion et la commercialisation de la destination « Vallée de la Lys / Leiestreek » aux côtés des acteurs du territoire, en qualité de chef de file ou de coordinateur.
 
NT :  Vous venez d’inaugurer avec des partenaires franco-belges le dossier européen Golden Leie-Lys. En quoi ce partenariat est-il important pour développer le tourisme fluvial transfrontalier ?
VG : Sous l’angle du développement économique, notre stratégie transfrontalière repose sur une volonté commune de construire notre destination autour des valeurs de l’écotourisme, privilégiant une offre de loisirs axée sur l’itinérance à vélo et en bateau.
Il y a un véritable engouement du public pour la pratique d’activités fluvestres, de nature et de mieux-être. Notre territoire transfrontalier est tout à fait adapté pour répondre à la demande du public. Sept millions d’euros vont être investis les trois prochaines années par les opérateurs publics et privés du projet Golden Leie-Lys « Cap sur la rivière d’or ! », dont 1,2 millions de Fonds européens, nous permettant de faire émerger une nouvelle offre de produits innovants et de la commercialiser via une place de marché responsive, de manière à accroître les retombées économiques pour le territoire.
 
NT : Vous vous ouvrez depuis des années au développement et à la promotion du tourisme fluvial et vous avez lancé récemment des balades fluvestres sur la Lys. Pouvez vous nous parler de cet engagement et nous dire comment vous voyez évoluer ce secteur d’activité touristique ?
VG : Depuis la création des villages des Écolodges de la Lys®, puis l’implantation des vélos à assistance électrique couplée à la parution du vélo-guide « La Lys en roue libre », nous mesurons aujourd’hui l’impact économique lié à nos actions. Aussi nous poursuivons avec les collectivités et les acteurs privés le développement de produits innovants.
Le succès des « Croisières fluvestres Aire Flandre Lys» lancées l’été passé avec la Communauté de communes Flandre Lys et la Ville d’Aire-sur-la-Lys est un bel exemple de maillage des territoires et d’attractivité de notre destination. Cette initiative sera renouvelée dès les vacances de Pâques, permettant d’offrir au public de nouvelles expériences à vivre en naviguant sur la Lys à bord d’un catamaran et en empruntant l’itinéraire nouvellement aménagé de l’Euro-vélo 5.
Avec la réhabilitation des chemins de halage engagée dans le cadre du projet  Eurocyclo  et l’implantation de pontons et d’embarcadères dans le cadre du projet Golden Leie-Lys, nous pourrons dupliquer ce produit entre différentes villes et ainsi contribuer à l’animation du réseau fluvial. D’autres produits originaux sont également à l’étude.
 
NT : Enfin, pour clore cet entretien, avez-vous une anecdote récente à nous faire partager ?
VG : J’ai appris il y a quelques semaines lors d’une réunion bilan avec les Greeters de la Lys qui se déroulait à la Chapelle Beaudelle à Aire-sur-La-Lys, que cet édifice religieux avait pu être sauvé grâce à notre projet Interreg III « Région de la Lys, de la source à l’embouchure ». S’il n’y avait pas eu à l’époque ces fonds européens comme levier, cet héritage serait aujourd’hui détruit alors qu’il abrite désormais le plan relief de la ville et fait partie des joyaux de la cité.
C’est une fierté d’avoir pu contribuer à la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine de la Vallée de la Lys, surtout que le projet Golden Leie-Lys vient d’être sélectionné et labellisé par la Commission Européenne

« European Year of Cultural Heritage 2018 ».

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